Quinze ans que je travaille en Amérique Centrale. Au début, je vendais surtout du Costa Rica — la valeur sûre, le pays « sans risque » comme on dit dans le métier. Le Panama, je le voyais à peine : un État de transit, un canal, des banques. Et puis un client m’a tordu le bras en 2017 pour lui composer un voyage là-bas. Trois semaines plus tard, je revenais avec une certitude embêtante : on était passé à côté du pays le plus riche de la région.
C’est le paradoxe panaméen. Tout le monde connaît le canal — cette saignée d’eau salée qui relie l’Atlantique au Pacifique en 80 kilomètres. Et personne ne sait ce qu’il y a autour. Quand je dis à un voyageur français que je l’envoie au Panama, on me répond souvent quelque chose comme : « Ah ouais, l’escale, c’est ça ? » Pas du tout. C’est un pays. Un vrai. Et qui mérite huit jours minimum, pas trois.
Voilà ce que je dis maintenant à mes clients qui hésitent.
Le Panama, ce n’est pas une destination. C’est quatre destinations.
C’est ce qui m’a déstabilisé au début, et ce qui me passionne aujourd’hui : le Panama n’a pas un visage, il en a quatre — et chacun pourrait être un pays à part entière.
Panama City, d’abord. La capitale verticale, posée au bord du Pacifique. Imaginez Singapour, mais avec un quartier colonial UNESCO planté juste à côté. Le contraste est presque indécent. Vous traversez la baie en taxi, vous voyez le Trump Tower (oui, il existe, il a la forme d’une vague tordue) et trois cents mètres plus loin, vous êtes dans des rues pavées du XVIᵉ siècle où des familles vendent du raspado depuis quatre générations. Le Casco Viejo est mon coup de cœur absolu de la ville. J’y ai dormi dans une maison de 1850 entièrement restaurée, propriétaire un Espagnol exilé volontaire qui m’a fait découvrir le bar Tantalo et son rooftop avec vue sur la skyline. Cette nuit-là je n’ai pas dormi avant 3 heures du matin. Tant pis pour le programme du lendemain.
Puis vous prenez la route vers l’ouest, deux heures, et vous tombez dans El Valle de Antón. C’est un village qu’on aimerait s’inventer. Un cratère de volcan endormi, à 600 mètres d’altitude, climat doux, brumes du matin, sources thermales, marché artisanal le dimanche. Les Panaméens y viennent pour décompresser. Moi, j’y ai dîné chez Don Carlos — un vieux monsieur qui élève des truites dans son jardin et qui les sert au beurre persillé pour cinq dollars. C’est le genre d’endroit qu’on garde pour soi, normalement.
La péninsule d’Azuero, ensuite. C’est probablement la région la plus mal aimée des guides — et de loin ma préférée. Azuero, c’est le Panama agricole, profond, traditionnel. Des haciendas coloniales aux chapelles blanchies à la chaux, des plaines à perte de vue, des villages d’artisans. À La Arena, faubourg de Chitré, j’ai passé une après-midi entière chez une famille de potiers — quatrième génération, technique précolombienne, terre cuite au feu de bois. Je suis reparti avec deux jarres dans la valise et un sentiment idiot d’avoir touché à quelque chose d’authentique. Trois ans plus tard, les jarres sont encore sur ma cheminée à San José.
Et enfin San Blas. L’archipel autonome des Guna Yala. 378 îlots, mer turquoise, cabanes sur pilotis, pas d’électricité 24h/24, pas de wifi. Là, je sais qu’on bascule dans un autre monde — et tout le monde n’est pas fait pour. J’ai vu des couples qui ont adoré, j’en ai vu d’autres qui ont craqué après deux nuits. La règle que je donne maintenant : si vous ne supportez pas l’idée de ne pas pouvoir charger votre téléphone le matin, allez ailleurs. Si l’idée vous fait sourire, alors San Blas vous changera.
Pourquoi maintenant et pas dans dix ans
Je ne suis pas vendeur d’urgence. Mais sur le Panama, j’ai un avis tranché : il faut y aller maintenant, ou en tout cas ne pas trop attendre.
Le pays change vite. La route panaméricaine entre Panama City et Boquete vient d’être refaite. Un nouveau terminal de ferries pour Bocas del Toro est en construction. Les compagnies de croisière commencent à débarquer dans le canal. Tout ça c’est très bien — ça facilite la vie des voyageurs. Mais ça change aussi l’expérience. Quand je suis arrivé à Pedasí en 2018, il y avait trois restaurants. La dernière fois que j’y suis passé, en début d’année, j’en ai compté treize. C’est encore charmant. Dans cinq ans, ce sera autre chose.
Et puis il y a la question des prix. Le Panama reste 30 % moins cher que le Costa Rica pour une qualité d’hôtels équivalente. Cet écart-là va se réduire. Il se réduit déjà.
Le voyage au Panama récompense ceux qui prennent leur temps. C’est pour ça que j’aime cette destination. Et c’est pour ça que je suis embêté quand des clients me demandent de la faire en cinq jours.
Wie viel Zeit planen, ohne zu schummeln
Je le dis à chaque demande, je le redis ici. Cinq ou six jours sur place, n’y allez pas. C’est dommage de payer un long-courrier pour faire une demi-découverte. À huit jours, on commence à sentir le pays. À douze, on entre dans son intimité. À dix-huit, on en repart différent.
Notre programme « Essentiel Panama » sur huit jours en autotour couvre le bon trio : Panama City, El Valle de Antón, péninsule d’Azuero. C’est ce que je propose neuf fois sur dix en première découverte. Pour les voyageurs plus ambitieux qui veulent ajouter Boquete et son volcan Barú, ou Bocas del Toro côté Caraïbes, on passe à douze jours. Et pour ceux qui veulent combiner Panama et Costa Rica, on a un programme « Absolu » sur quinze à vingt-et-un jours. C’est probablement le plus complet qu’on propose.
Comment Toucan Discovery compose votre Panama
Je passe sur les détails techniques (saisons, formalités, transport) que j’ai détaillés dans notre guide pratique pour préparer votre voyage au Panama. Et pour les expériences hors sentiers battus que je recommande à mes clients qui veulent dépasser le standard, voyez cet article sur les pépites du Panama.
Notre approche, en deux mots : pas de groupe massif, pas de catalogue. Tous les hôtels que nous proposons, je les ai vus de mes yeux ou j’y ai dormi. Si nous référençons un lodge, c’est qu’on en a payé une nuit pour vérifier les draps, le petit-déjeuner et l’accueil. Vous avez un correspondant francophone joignable 24/7 par WhatsApp pendant tout votre séjour. Et pour ceux qui veulent composer leur voyage eux-mêmes, on a notre plateforme Toucan Discovery Dynamics qui permet de tester en temps réel les disponibilités hôtels et les tarifs.
Le Panama n’est pas une destination Instagram. Il n’y a pas trois points-selfies obligatoires, pas de carte postale toute faite, pas de lieux qu’on doit cocher pour avoir « fait » le pays. C’est une terre qui se mérite. Et c’est exactement ce qui me plaît.
¡ Hasta pronto, Panamá !
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